90 ans AGTT (8/9): Jacqueline Blanc, paralympique modèle

L’Association Genevoise de Tennis de Table fête ses 90 ans cette année ! À l’occasion du franchissement de ce cap symbolique et jusqu’aux célébrations, une série d’articles retraçant les faits et personnages marquants de l’histoire de l’AGTT. Notre avant-dernier épisode sera consacré à une pongiste qui a marqué l’histoire du tennis de table suisse mais que l’on a tendance à parfois  »oublier » de mettre en valeur.

Alors que le tennis de table helvétique vient de voir l’une de ses athlètes, en l’occurrence Rachel Moret aux Jeux Olympique de Tokyo l’année dernière, s’y qualifier 25 ans après une dernière participation, c’est exactement tout l’inverse pour le tennis de table handisport suisse. En effet, depuis les premiers Jeux paralympiques à Rome en 1960, ce ne sont pas moins de 31 médailles dont 14 en or que la Suisse a glané en tennis de table handisport, se classant 11e des nations les plus médaillées de l’histoire dans la discipline. On notera même que notre pays compte l’un des athlètes paralympiques les plus médaillés de l’histoire, à savoir Rainer Küschall qui a remporté six médailles dont trois en or entre 1972 et 1984.

Rainer Küschall, légende du tennis de table handisport suisse.

Néanmoins, il serait absurde de penser que le tennis de table handisport suisse ne doit son succès qu’à Rainer car, du côté féminin, une championne a aussi donné ses lettres de noblesse à la discipline. Il s’agit de la seule et unique Jacqueline Blanc, dont nous allons compter l’histoire. Née le 4 juillet 1950 à Villaz-Saint-Pierre dans le canton de Fribourg, Jacqueline voit sa vie basculer à tout juste 18 ans lorsqu’elle devient paraplégique à la suite d’un accident vasculaire, qui provoque une lésion de la moelle épinière et qui lui fera perdre l’usage de ses jambes.

Cet événement va alors lancer sa carrière de handisport en 1972 lorsqu’elle rejoint le club omnisports d’Handisport Genève, en parallèle de son activité professionnelle de secrétaire direction aux soins infirmiers des Hôpitaux Universitaires de Genève, profession qu’elle débute un an plus tôt en 1971. Afin de pouvoir encore plus s’entraîner, la pongiste devient membre du CTT Carouge et jouera même en compétitions valides sous la tunique carougeoise.

Cependant, c’est en javelot, discipline qu’elle pratiquait que Jacqueline Blanc va s’illustrer tout d’abord: elle obtient la médaille de bronze en javelot de précision aux Jeux paralympiques de Toronto en 1976. Dès lors, elle délaisse totalement l’athlétisme pour se consacrer au tennis de table. Les premiers résultats ne se font pas attendre : avec Carouge, elle est promue en LNB Dames en 1981 et, encore plus fort, sera sacrée championne du monde par équipes handisports à Stoke Mandeville (Angleterre) un an plus tard.

Jacqueline Blanc en action (Crédits photo : Le Nouvelliste)

Néanmoins, elle connaîtra la consécration ultime lors des Jeux paralympiques 1984, organisés conjointement par les villes de Stoke Mandeville et New York. Avec ses coéquipières Elisabeth Mettler-Kiener et Rosa Zaugg, elle décroche le titre de championne paralympique de tennis de table par équipes ! Son sacre, conjugué à celui obtenu au niveau mondial deux ans plus tôt lui vaudront l’obtention du Prix Espérance de l’AGTT en 1986.

Elle remportera quatre autres médailles au niveau international, avec deux médailles de bronze aux Mondiaux d’Assen (Pays-Bas) en 1990 par équipes ainsi qu’une individuelle lors des Mondiaux à Paris en 1998 et deux médailles aux championnats d’Europe, l’une en bronze en 1991 à Salou et l’autre en 1995 à Hillerod (Danemark), toutes les deux pour l’épreuve par équipes. Elle n’est pas en reste au niveau national car elle a décroché 20 médailles d’or toutes catégories confondues, entre son premier titre en 1986 et le dernier en 2016.

L’hommage de la Tribune de Genève en mai 2012.

Ses sept participations aux Jeux paralympiques entre Toronto 1976 et Sydney 2000 ainsi que ses nombreuses actions pour le sport-handicap lui ont également valu l’insigne du mérite sportif de l’AGTT en 2007, l’année où elle prend sa retraite professionnelle aux HUG. Elle stoppe sa carrière dans le tennis de table en 2010 mais continue d’oeuvrer au sein des différentes institutions faisant la promotion du sport-handicap. Une championne qui aura prouvé que le sport en général, le tennis de table en particulier, sont ouverts à tous !

Eh oui, c’est bientôt la fin de notre série rétrospective… On se retrouve ce lundi 12 septembre à midi pour le dernier épisode !

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